ET IL Y AURA LA MER

And there will be the sea

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Je m’interroge sur la formation des souvenirs, de la mémoire. Dans le travail que je vous présente, ce qui m’importe, c’est d’explorer comment s’opère le tri continuel que l’on fait dans le fil du temps pour ne retenir que certaines choses, comment cette mémoire laisse son empreinte en nous, et la part laissée à l’imaginaire.

Cette série présente des paysages fragmentés, faits de surimpressions d’un même endroit. Ce sont plusieurs regards, plusieurs temporalités que je choisis de faire revenir sur un même plan, pour révéler une autre relation à l’espace, un paysage recomposé, au-delà du visible.

Le terme Révéler contient lui-même plusieurs sens : Donner à voir ce qui n’est pas immédiatement perceptible, et son sens photographique, transformer l’image latente en image visible. Ceci revient à dire que chaque instant vécu en contient d’autres, que je souhaite faire coexister à l’image, afin de montrer cet état d’entre-deux, ces écarts.

Aller face à la mer, c’est se confronter à un horizon, c’est-à-dire une limite insaisissable. Or c’est exactement ça : Les rivages marins choisis dans cette série sont précisément des paysages incertains entre terre et mer, mouvants. Ils n’illustrent pas particulièrement un lieu précis, reconnaissable, si ce n’est parfois quelques éléments servant d’ancrage à la mémoire. Ces paysages apparaissent ici composés de plusieurs couches, qui sont autant d’instants dans l’instant, de perceptions différentes. Mais pour aller d’une couche à l’autre et les percevoir simultanément, il faut y pratiquer des incisions, des entailles. Ce sont ces formes géométriques qui prennent elles-mêmes leur place dans le paysage, laissant entrevoir à travers elles d’autres réalités derrière une première apparence.

I’m interested in the way our memory is made. What matters to me is to question the choice we make, without being conscious of this, among all the things we experience over time. How do these choices leave their print on us, and what is left to imagination.

These images are fragmented. I overlay pictures taken on the same place and at different times, yet all brought together on a recomposed landscape. Which means that every instant contains other instants, other perspectives, other choices of what is remembered or forgotten, and they all suddenly coexist.

Facing the sea is facing the horizon, and the horizon is something perfectly illusive, never to be reached or measured. The ocean shores I choose to photograph are precisely uncertain places, moving. Tides, water, sand. The pictures are made of several layers, but if you want to perceive them simultaneousely and go from one to another, then you have to make incisions through them. They are these geometrical shapes, like monuments becoming themselves part of the landscapes, opening passages between realities.